L’extension du territoire des Pictons jusqu’à l’estuaire fut probablement à l’origine de la création et du développement rapide de cette ville située en limite septentrionale de l’Aquitaine : ce port d’estuaire offre ainsi une ouverture sur le commerce ligérien et la façade atlantique, à partir de la rive gauche de la Loire, sans doute plus favorable à la navigation fluviale.

i l’existence d’un port est encore attestée au IXe siècle dans la relation de la vie de Saint-Philbert, le véritable emplacement de cet aménagement portuaire n’est toujours pas localisé à ce jour. L’existence de quais parallèles à la rivière a souvent été évoquée depuis le début du XIXe siècle, mais ces observations anciennes n’ont jamais été véritablement validées. Les variations parfois importantes du régime alluvial de la Loire, la formation des îles ou le déplacement des bras navigables sont autant de faits qui invitent à ne pas considérer le fleuve comme un élément stable dont l’évolution n’aurait qu’une faible incidence sur l’organisation du commerce fluvial. Ainsi, alors que la plus forte période de croissance de Ratiatum se situe au Ier siècle, les seuls aménagements mis au jour liés à une activité portuaire remontent au IIe siècle. Il faut donc sans doute substituer à la notion de «port» celle d’installations portuaires réparties sur différents points de la zone de contact entre la ville et le fleuve, avec des variations ou des déplacements peut-être liés à l’évolution sédimentaire de la Loire.

A la fin du Ier siècle ap. J-C, la zone urbanisée dense s’étend sur une surface moyenne de quarante à cinquante hectares, pouvant être portée à quatre-vingt ou cent hectares si l’on prend en compte le développement des zones périurbaines. De ce fait, Ratiatum figure parmi les plus importantes agglomérations secondaires de l’ouest de la Gaule. Bien que de nombreuses fouilles archéologiques aient été réalisées ces dernières années, plusieurs aspects de l’urbanisme antique demeurent inconnus. Il en est ainsi de la « parure monumentale » qui, à l’exception de quelques ensembles thermaux (thermes de la chapelle Saint-Lupien, de l’église Saint-Pierre, mention de thermes dans le clos Saint-Martin) et d’un probable fanum, demeure difficile à localiser. En revanche, nos connaissances de l’organisation du cadre urbain, de l’habitat ou des structures artisanales, en particulier dans l’espace périurbain, ont fait d’indéniables progrès.

Pour agrandir ces images et obtenir leurs légendes, cliquez dessus.