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Dans
les années 1980, une fouille a mis au jour en bordure du Seil,
une partie dun premier quartier à vocation commerciale, sur
une surface de près Du point de vue chronologique, il semble que la première phase de construction du quartier soit légèrement antérieure à notre ère. Dans la partie est du site, les restes de quelques fonds de cabanes et dun premier état de voirie constituent un premier horizon doccupation attribuable à la période augustéenne. Le quartier évolue sous le règne de Claude et lon assiste, dès la fin du Ier siècle, à des réaménagements des bâtiments existants. La grande phase durbanisme, celle de la construction des entrepôts, date du milieu du IIe siècle. Le quartier est ensuite progressivement abandonné dans le courant du IIIe siècle, mais lactivité persiste toutefois jusquà la fin du IVe, voire du Ve siècle, comme lindique la forte proportion de céramiques dérivées des sigillées paléochrétiennes recueillies sur le site. En 1991, sest achevée boulevard Le Corbusier, la fouille dun deuxième quartier gallo-romain composé par deux larges rues perpendiculaires est-ouest et nord-sud, délimitant des îlots habités. Aucun édifice public n'a été mis au jour, mais limportance de la surface fouillée (près de un hectare) a permis détudier lorganisation du bâti, son évolution pendant près de trois siècles et demi et son abandon définitif à la fin de lAntiquité. Le site est occupé dès la deuxième décennie du Ier siècle ap. J-C., par des habitats de terre et de bois sur solin. Vers la fin du Ier siècle, ces premières habitations sont détruites pour faire place à des domus plus spacieuses, au plan largement inspiré des modèles méditerranéens. La domus sud, dont le plan est pratiquement complet, se compose dun jardin central encadré par un péristyle desservant trois ailes. Au sud, une aire largement ouverte sur le péristyle devait sans doute correspondre à la pièce de réception principale de la maison. Le jardin était alimenté en eau par une canalisation aménagée en contrebas des portiques. Elle permettait dalimenter un puits dont le trop plein se déversait dans une citerne peu profonde située sous le portique est. La maison est dotée de simples sols en terre battue pour les pièces à usage de service (aile ouest) et de sols soignés en fragments de briques liés à largile présentant le même aspect de surface quun sol de béton, pour les parties résidentielles et les portiques. Ces grandes maisons sont progressivement démembrées à partir de la seconde moitié du IIe siècle (installation dateliers au détriment de plusieurs pièces dhabitation). Bien que ce quartier semble abandonné durant le IVe siècle, on note une reprise dactivité au cours du Ve siècle, avec une réutilisation partielle de certaines parties des maisons. Des élévations sans doute importantes subsistent encore au début du haut Moyen-Âge, au plus tard à la fin du VIIe siècle (un mur effondré de la domus sud recouvre des inhumations de cette période). De toute évidence, la construction de grandes domus à péristyle vers la fin du Ie siècle témoigne dun enrichissement des élites urbaines, conséquence probable du développement du commerce fluvial. Au-delà de ce constat, la réutilisation partielle des maisons au cours du Ve siècle, offre des perspectives nouvelles pour létude de Rezé et des courants commerciaux dans lestuaire de la Loire à la fin de lAntiquité. Ainsi labondance des céramiques dérivées des sigillées paléochrétiennes produites dans la région bordelaise, mais également la présence damphores tardives importées du bassin méditérranéen, suggèrent la permanence dactivités commerciales dont il est encore difficile de mesurer limportance. |
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